×

PHOCEA DC investit plus de 120 millions d’euros pour un réseau de data centers souverains à Marseille

PHOCEA DC investit plus de 120 millions d'euros pour un réseau de data centers souverains à Marseille

PHOCEA DC investit plus de 120 millions d’euros pour un réseau de data centers souverains à Marseille

Marseille vient de marquer un point dans la course française aux data centers. L’opérateur PHOCEA DC a annoncé un programme d’investissement de plus de 120 millions d’euros pour créer un réseau de data centers urbains dans la cité phocéenne. Le projet, rapporté le 4 novembre 2026, mise sur des sites de taille modeste, installés au coeur de la ville, plutôt que sur un immense campus excentré. Une approche qui tranche avec les annonces spectaculaires des géants du cloud.

Un financement mené par le fonds Marguerite

Le tour de table est mené par le fonds d’infrastructure paneuropéen Marguerite, soutenu par l’Union européenne à travers le programme InvestEU. Plusieurs banques régionales participent également au financement. Selon les informations publiées en septembre 2026, l’opération combine un apport en capital et des financements bancaires, dans la foulée d’un premier tour de 5 millions d’euros bouclé en 2023.

Le fondateur et directeur général de l’entreprise, Damien Desanti, résume la philosophie du projet en une phrase : 120 millions d’euros, ce n’est pas pour entrer dans l’hyperscale, c’est pour financer 12 mégawatts. Autrement dit, l’argent servira à construire de la capacité utile, à une échelle humaine, là où les clients en ont besoin.

Quatre sites de 3 mégawatts sur cinq ans

Le plan prévoit quatre sites à Marseille sur les cinq prochaines années, pour une capacité totale de 10 à 12 mégawatts. Chaque site affichera une puissance d’environ 3 mégawatts. Le deuxième site est déjà en cours de développement, tandis que les autres emplacements sont encore en cours de sécurisation.

Ce découpage en petites unités est un choix délibéré. Au lieu de rivaliser avec les hyperscalers sur leur terrain, PHOCEA DC construit des installations plus petites, situées près de la demande et conçues pour s’intégrer dans leur environnement urbain. L’entreprise récupère et réutilise notamment la chaleur fatale produite par ses équipements, un atout dans une ville dense où chaque mètre carré compte.

Le premier site donne déjà une idée du modèle. Installé dans un ancien bâtiment industriel rénové en plein centre de Marseille, il affiche une puissance de 600 kilowatts et une façade volontairement discrète. Rien, vu de la rue, ne laisse deviner qu’il abrite une infrastructure numérique critique. L’entreprise y emploie six personnes directement, en s’appuyant sur un réseau de sous-traitants spécialisés pour l’électricité, la climatisation, la sécurité et la maintenance.

Des clients locaux, des données sous juridiction française

En fonctionnant entièrement sous juridiction française, PHOCEA DC veut offrir une couche de protection juridique supplémentaire aux organisations qui manipulent des informations sensibles. Ses services s’adressent d’abord à une clientèle régionale et nationale : collectivités locales, établissements de santé, opérateurs télécoms, prestataires de services managés et jeunes entreprises technologiques en forte croissance.

Cette promesse de souveraineté répond à une préoccupation qui monte chez de nombreux décideurs. Quand les données d’un hôpital, d’une mairie ou d’une PME innovante sont hébergées loin, sous d’autres règles, le contrôle devient théorique. Un data center de proximité, exploité par un acteur local, redonne au client une prise concrète sur l’endroit où ses données vivent et sur les lois qui les protègent.

La proximité apporte aussi un avantage technique. Plus le serveur est proche de l’utilisateur, plus le temps de réponse est court. Pour des usages comme la vidéo, les applications industrielles ou les services en temps réel, quelques millisecondes gagnées peuvent changer l’expérience. Les petits sites urbains se placent exactement là où cette latence se joue.

Marseille, un terrain de jeu qui s’agrandit

L’annonce de PHOCEA DC arrive à un moment charnière pour la filière française des data centers. Le secteur est entré en 2026 dans une phase d’expansion sans précédent, avec des projets d’envergure annoncés partout dans le pays. Marseille, avec son histoire industrielle et sa position méditerranéenne, attire depuis longtemps les infrastructures numériques, et le modèle urbain de PHOCEA DC y trouve un terrain naturel.

Reste une question que tout opérateur de data center doit affronter : l’énergie. A pleine capacité, le premier site marseillais consomme à peu près autant d’électricité qu’une ville d’environ 10 000 habitants, selon les chiffres cités lors d’une visite du site. C’est le revers de la médaille pour une industrie gourmande en électricité, et la raison pour laquelle la réutilisation de la chaleur et l’intégration urbaine font partie intégrante du discours de l’entreprise.

Pour PHOCEA DC, la suite se jouera sur l’exécution : sécuriser les deux derniers emplacements, livrer le deuxième site, puis démontrer que quatre petits data centers bien placés peuvent rivaliser, sur leur segment, avec les grandes plateformes. Si le pari réussit, il pourrait inspirer d’autres villes françaises tentées par le même modèle : des data centers qui font partie de la ville, au lieu de s’en tenir à l’écart.

Frequently Asked Questions

Qu’est-ce que PHOCEA DC ?

PHOCEA DC est un opérateur marseillais de data centers qui se présente comme souverain, local et écoresponsable. Son modèle repose sur de petits sites urbains, intégrés dans des bâtiments existants, plutôt que sur de grands campus construits en périphérie.

Combien de sites et quelle capacité le projet prévoit-il ?

Le programme prévoit quatre sites à Marseille sur cinq ans, pour une capacité totale de 10 à 12 mégawatts, soit environ 3 mégawatts par site. Le deuxième site est déjà en développement, et les autres emplacements sont en cours de sécurisation.

Pourquoi parler de data centers souverains ?

Parce que les installations sont exploitées entièrement sous juridiction française, ce qui offre une protection juridique supplémentaire aux clients qui manipulent des données sensibles, comme les collectivités, les établissements de santé ou les entreprises technologiques.

Post Comment