40 % des PME françaises utilisent désormais l’IA : ce que révèle le baromètre France Num 2026
L’intelligence artificielle n’est plus l’apanage des grands groupes. Selon le baromètre France Num 2026, publié le 28 septembre par la Direction générale des Entreprises, 40 % des TPE-PME françaises utilisent désormais au moins une solution d’IA. En deux ans, l’adoption a triplé. Mais derrière ce chiffre spectaculaire se cachent de fortes disparités entre secteurs, des usages encore basiques et un risque de cybersécurité qui grimpe aussi vite que l’adoption.
Une adoption qui a triplé en deux ans
Les chiffres du baromètre, réalisé auprès de plus de 9 000 entreprises, racontent une bascule rapide. En 2024, seules 13 % des TPE-PME déclaraient utiliser une solution d’intelligence artificielle. Elles étaient 26 % en 2025. En 2026, elles sont 40 %. Autrement dit, en l’espace de deux ans, l’IA est entrée dans le quotidien de quatre entreprises sur dix : de la boulangerie qui rédige ses menus avec un outil de génération de texte ou au cabinet comptable qui ses factures automatiquent.
La progression est encore plus marquée chez les PME de taille intermédiaire : 53 % d’entre elles déclarent un usage de l’IA, soit 19 points de plus qu’un an plus tôt. C’est là, dans les structures de quelques dizaines à quelques centaines de salariés, que la diffusion s’accélère le plus vite. Ces entreprises ont souvent franchi le cap grâce à des outils simples, intégrés à des logiciels déjà utilisés, plutôt qu’à des projets technologiques lourds.
Des écarts énormes selon les secteurs
Le taux moyen de 40 % masque toutefois de très grandes disparités. Dans le secteur du numérique, 72 % des entreprises utilisent l’IA : elle y est devenue un standard. À l’autre extrémité, seuls 30 % des entreprises du bâtiment et 18 % de celles de l’agriculture ont franchi le pas. Le commerce, l’industrie et les services se situent entre ces deux pôles.
Ces écarts s’expliquent autant par la nature des métiers que par la culture des entreprises. Là où l’activité repose sur des documents, des échanges écrits et des flux de données, les outils d’IA s’installent facilement. Là où le travail est d’abord manuel et physique, les cas d’usage restent moins évidents à identifier. Pourtant, la maintenance prédictive, la vision par ordinateur pour le contrôle qualité ou l’optimisation des tournées montrent que les applications existent aussi hors du bureau.
À quoi sert concrètement l’IA dans les petites entreprises ?
Le baromètre détaille les usages déclarés par les dirigeants interrogés, et le portrait est clair : l’IA des PME sert d’abord à écrire, répondre et produire du contenu. La génération de texte, de voix ou d’images arrive en tête avec 34 % des usages : rédaction de descriptions produits, visuels pour les réseaux sociaux, réponses aux appels d’offres. Viennent ensuite les chatbots et assistants conversationnels destinés aux clients (24 %). L’analyse et la classification de documents représentent 13 % des usages : tri de factures, extraction d’informations dans des contrats, classement automatique de dossiers. L’automatisation de tâches répétitives complète le tableau avec 11 %. Ce sont donc des usages pragmatiques, à faible coût de déploiement, qui dominent. On est loin des modèles d’IA propriétaires et des projets de recherche : l’IA des PME est une boîte à outils d’efficacité.
Le paradoxe des outils gratuits
L’un des enseignements les plus intéressants du baromètre concerne le modèle économique. Seules 19 % des entreprises utilisatrices (32 % chez les PME) ont souscrit une solution payante. La grande majorité s’appuie encore sur des versions gratuites d’outils grand public. Or le niveau de satisfaction grimpe nettement chez les utilisateurs payants : 85 % jugent ces solutions bénéfiques, contre 68 % en moyenne toutes solutions confondues.
Ce différentiel de 17 points suggère que le passage au payant marque souvent l’entrée dans une logique plus structurée : un outil choisi pour un besoin précis, mieux intégré aux processus, souvent mieux sécurisé. Pour les éditeurs de logiciels, c’est aussi le signe qu’un marché PME se construit, porté par des offres spécialisées.
Le revers : un risque cyber qui progresse aussi vite
Le baromètre comporte une alerte qui devrait retenir l’attention des dirigeants : 39 % des TPE-PME déclarent avoir subi un incident de cybersécurité au cours des douze derniers mois. L’adoption accélérée d’outils numériques, l’IA en tête, élargit mécaniquement la surface d’exposition des petites structures. Et celles-ci manquent souvent de moyens dédiés à la sécurité informatique : pas de responsable sécurité, pas de politique de sauvegarde formalisée, des mots de passe partagés.
Le problème est d’autant plus sérieux que les outils d’IA manipulent des données sensibles : devis, contrats, fichiers clients, stratégies commerciales. Confier ces informations à un assistant en ligne sans vérifier où elles sont hébergées ni comment elles sont traitées, c’est prendre un risque que beaucoup de dirigeants sous-estiment. La DGE invite d’ailleurs les entreprises à structurer leur démarche : identifier un usage prioritaire, former les équipes, et ne pas négliger la sécurisation des données confiées à ces outils.
Ce que cela change pour les dirigeants
Au-delà des chiffres, le baromètre France Num 2026 dessine une diffusion rapide mais encore inégale de l’IA dans le tissu économique français. Les entreprises qui investissent dans des solutions adaptées, mieux intégrées et souvent mieux sécurisées, en tirent un bénéfice sensiblement supérieur. Pour un dirigeant de TPE-PME, la méthode qui se dégage est simple : commencer par un seul cas d’usage concret, mesurer le gain de temps, former les collaborateurs, puis élargir. Et régler la question de la sécurité des données dès le premier outil, pas après le premier incident.
Frequently Asked Questions
Combien de TPE-PME françaises utilisent l’intelligence artificielle en 2026 ?
Selon le baromètre France Num 2026 de la Direction générale des Entreprises, 40 % des TPE-PME françaises utilisent au moins une solution d’IA. C’est trois fois plus qu’en 2024 (13 %) et bien plus qu’en 2025 (26 %). Chez les PME de taille intermédiaire, le taux d’adoption atteint 53 %, en hausse de 19 points sur un an.
Quels sont les usages dominants de l’IA dans les petites entreprises ?
La génération de texte, de voix ou d’images arrive en tête avec 34 % des usages (rédaction, visuels marketing), suivie des chatbots et assistants conversationnels destinés aux clients (24 %), de l’analyse et de la classification de documents (13 %) et de l’automatisation de tâches répétitives (11 %).
Les PME françaises sont-elles plus exposées aux risques cyber avec l’IA ?
Le baromètre France Num 2026 indique que 39 % des TPE-PME ont subi un incident de cybersécurité au cours des douze derniers mois. L’adoption rapide d’outils d’IA élargit la surface d’exposition de petites structures souvent peu équipées en sécurité informatique, d’où l’importance de sécuriser les données confiées à ces outils.



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