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Google dévoile son datacenter géant dans l’Indre : 10 milliards de dollars, 8 bâtiments et une concertation qui divise

Google dévoile son datacenter géant dans l'Indre : 10 milliards de dollars, 8 bâtiments et une concertation qui divise

Google dévoile son datacenter géant dans l’Indre : 10 milliards de dollars, 8 bâtiments et une concertation qui divise

Google vient de préciser les contours de son premier datacenter exploité en propre en France. Le projet prendra place sur la ZAC d’Ozans, à Étrechet dans l’Indre, aux portes de Châteauroux, sur un terrain de 195 hectares. L’investissement annoncé atteint 10 milliards de dollars, et la puissance électrique pourrait grimper jusqu’à 1 300 MW dans sa version la plus aboutie.

La concertation publique, ouverte le 2 novembre sous l’égide de la Commission nationale du débat public, se poursuit jusqu’au 10 janvier 2027. Entre promesse d’infrastructures numériques et inquiétudes locales sur l’eau et l’électricité, le dossier divise déjà le territoire. Voici ce que l’on sait du projet, chiffres à l’appui.

Un premier datacenter Google en France, aux portes de Châteauroux

Le site retenu se trouve sur la ZAC d’Ozans, à Étrechet, une commune de l’Indre située aux portes de Châteauroux. Le terrain, d’une superficie de 195 hectares, associe d’anciennes terres agricoles et une partie de l’ancien terrain militaire de La Martinerie. La métropole de Châteauroux a donné son accord pour la vente du terrain, une étape qui a permis au projet d’entrer dans sa phase de concertation publique.

Il s’agira du premier datacenter opéré en propre par Google en France. Jusqu’à présent, le groupe s’appuyait sur des infrastructures louées ou exploitées par des partenaires pour faire fonctionner ses services dans l’Hexagone. Ce projet marque donc un changement d’échelle, au moment où la demande de capacité de calcul explose avec l’essor de l’intelligence artificielle.

1 300 MW à terme, un premier bâtiment de 120 MW

Le dossier de concertation lève le voile sur le dimensionnement du projet. Dans sa version la plus aboutie, le site compterait huit bâtiments principaux, pour une alimentation électrique pouvant atteindre 1 300 MW. Google insiste toutefois sur le caractère progressif du déploiement : six à huit bâtiments sont envisagés, selon l’évolution du marché et des usages.

La première phase est plus modeste, mais déjà imposante. Un nouveau poste électrique public, construit par RTE dans la ZAC, et une alimentation en 225 000 volts depuis les lignes à haute tension voisines permettront d’alimenter un premier bâtiment avec une puissance de raccordement de 120 MW.

Ce premier bâtiment mesurerait environ 12 mètres de haut, 300 mètres de long et 100 mètres de large, sur un seul niveau, soit 30 000 m². Le début de sa construction est espéré dès 2028, pour une mise en service en 2030. Les phases suivantes dépendront de la demande, des autorisations obtenues et de l’évolution des besoins en calcul.

Une concertation publique jusqu’au 10 janvier 2027

Google et RTE ont ouvert la phase de concertation publique le 2 novembre. Organisée sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP), elle doit permettre d’échanger avec toutes les parties prenantes, à commencer par les riverains, pour faire accepter le projet et éventuellement en faire évoluer les contours.

Plusieurs réunions publiques sont prévues dans les communes voisines du site au cours des prochaines semaines. La concertation s’accompagne de la publication d’un dossier détaillé, qui présente les contours du futur datacenter et ses modalités de raccordement électrique. Ce document aborde aussi, sans toujours les chiffrer précisément, les impacts environnementaux et sociaux anticipés par le futur maître d’œuvre.

Les habitants et les élus locaux peuvent donc consulter le dossier et faire part de leurs observations jusqu’au 10 janvier 2027, date de clôture de la concertation.

Un projet qui divise déjà le territoire

L’ouverture de la concertation intervient dans un contexte local déjà tendu. Depuis plusieurs mois, des contestations s’organisent, notamment sous l’impulsion du collectif citoyen « Ozans dire non ». Les opposants s’inquiètent de la consommation d’eau, des tensions sur le réseau électrique, des nuisances et de ce qu’ils décrivent comme une opacité des calendriers administratifs.

Mi-septembre, plusieurs élus de la commune d’Étrechet, dont la maire Florence Laurent, ont démissionné pour dénoncer un projet « hors-norme qui échappe totalement à toute capacité de décision de la commune, tout en faisant peser des risques cumulés lourds sur notre territoire ». Une démission collective rare, qui montre l’ampleur du malaise local face à un projet décidé largement au-dessus de l’échelle communale.

Le dossier de Google présente des arguments susceptibles de lever certaines craintes exprimées par les opposants, notamment sur la ressource en eau. Il risque aussi de donner du grain à moudre aux détracteurs du projet, entre le gigantisme annoncé et les questions laissées en suspens. La concertation dira si le dialogue peut apaiser les tensions ou si l’opposition se durcit.

Pourquoi Google choisit l’Indre

Google justifie son projet par la nécessité d’accompagner le développement et le fonctionnement quotidien de ses services numériques en France et en Europe. Le groupe cite aussi bien Gmail, YouTube ou Google Drive que l’intelligence artificielle, dont son modèle Gemini, qui exige des capacités de calcul toujours plus importantes.

Le choix de l’Indre s’explique aussi par des raisons très concrètes : un grand terrain disponible, un raccordement électrique possible et le soutien des collectivités locales, à commencer par la métropole de Châteauroux. Pour un territoire rural, un investissement de cette ampleur représente une opportunité économique majeure, même si les retombées en emplois directs restent à préciser.

Comme pour le projet Campus IA à Fouju, Google évoque un déploiement par phases. L’horizon complet, avec huit bâtiments, reste conditionnel et subordonné à l’évolution du marché et des usages. La première pierre, elle, pourrait être posée en 2028, et le premier bâtiment entrer en service en 2030.

Frequently Asked Questions

Quand le datacenter Google de l’Indre ouvrira-t-il ?

La construction du premier bâtiment est espérée dès 2028, pour une mise en service en 2030. Les phases suivantes, jusqu’à huit bâtiments, n’ont pas de calendrier arrêté et dépendront de l’évolution du marché et des usages.

Quelle puissance électrique le site consommera-t-il ?

Le premier bâtiment sera raccordé à hauteur de 120 MW, grâce à une ligne RTE en 225 000 volts et à un nouveau poste électrique public. Dans sa version la plus aboutie, avec huit bâtiments, le site pourrait atteindre une alimentation électrique de 1 300 MW.

Comment participer à la concertation publique ?

La concertation, organisée sous l’égide de la CNDP, est ouverte depuis le 2 novembre et se termine le 10 janvier 2027. Des réunions publiques sont organisées dans les communes voisines du site, et le dossier de concertation est consultable en ligne, avec la possibilité de déposer des observations.

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