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De Vinci lance neuf thèses pour rapprocher IA, cybersécurité et industrie en France

De Vinci lance neuf thèses pour rapprocher IA, cybersécurité et industrie en France

De Vinci lance neuf thèses pour rapprocher IA, cybersécurité et industrie en France

Faire dialoguer une intelligence artificielle avec une carte, anticiper les failles informatiques avant qu’elles ne soient exploitées, ou répartir des calculs entre plusieurs satellites : ce sont des sujets de recherche, mais aussi des problèmes très concrets pour les entreprises. Pour la rentrée 2026-2027, le De Vinci Research Center (DVRC), laboratoire commun à l’école d’ingénieurs ESILV et à l’école de management EMLV, accueille neuf doctorants sur des thèmes à forte portée industrielle. Annoncés le 2 novembre, ces travaux associent notamment Thales Global Services, Woosmap, le Centre national d’études spatiales (CNES) et l’Agence de l’innovation de défense (AID). L’ambition est de confronter la recherche aux contraintes réelles des entreprises.

Neuf thèses, un même pari : la recherche utile aux entreprises

Le point commun de cette promotion est son ancrage industriel. Plusieurs projets s’inscrivent dans le dispositif des conventions industrielles de formation par la recherche (CIFRE), qui associe un doctorant, une entreprise et un laboratoire. Ce format change la nature du travail de thèse : le doctorant ne travaille pas seulement pour publier des résultats académiques, il doit aussi répondre à un besoin identifié par un partenaire, respecter des contraintes de coût, de délai et de sécurité, et produire des résultats utilisables. Pour les doctorants, c’est une formation qui combine rigueur scientifique et réalité du terrain. Le DVRC présente d’ailleurs cette promotion comme un pont entre des laboratoires et des usages professionnels, avec des sujets qui vont de l’intelligence artificielle à la finance, en passant par les matériaux et l’agriculture.

Une IA qu’on peut expliquer et contrôler

La fiabilité de l’intelligence artificielle occupe une place importante dans cette nouvelle promotion, et c’est probablement le thème le plus parlant pour le grand public. Avec Woosmap, le doctorant Antoine Sese travaille sur une IA capable d’interpréter des demandes géographiques exprimées en langage naturel. Au-delà du calcul d’itinéraires ou de l’optimisation des livraisons, le système devra expliquer les données mobilisées pour produire ses réponses. Cette transparence compte quand une décision touche des clients ou des livraisons. Une autre recherche, menée par Yasmine Guerniche avec l’Université de Haute-Alsace, porte sur une empreinte numérique capable d’identifier un jeu de données malgré les changements de format et de détecter d’éventuelles modifications. Autrement dit, il s’agit de savoir si des données ont été altérées en cours de route, même après une conversion ou un transfert.

La cybersécurité : hiérarchiser les failles les plus dangereuses

En cybersécurité, Myriam Ouraou étudie avec Thales Global Services les interactions entre vulnérabilités informatiques. L’enjeu n’est pas seulement de lister les failles, mais de repérer les combinaisons les plus dangereuses pour mieux hiérarchiser les correctifs. Les équipes de sécurité le savent bien : il est impossible de tout corriger en même temps, et toutes les vulnérabilités ne se valent pas. Certaines failles, prises isolément, semblent mineures, mais combinées à d’autres, elles peuvent ouvrir la porte à une attaque bien plus grave. En modélisant ces interactions, la recherche vise à aider les entreprises à prioriser leurs efforts, à corriger d’abord ce qui compte vraiment, et à éviter de gaspiller des ressources sur des risques secondaires.

Des serveurs dans l’espace et des moteurs imprimés en 3D

Les infrastructures spatiales constituent un autre terrain d’expérimentation de cette promotion. Financé par l’AID, le projet d’Hugo Robin explore la répartition de calculs informatiques entre plusieurs satellites. À terme, ces équipements pourraient traiter davantage de données en orbite, sans dépendre systématiquement des transmissions vers la Terre. La coordination, l’énergie et les interruptions de communication restent des obstacles majeurs. Avec le soutien du CNES, Sarah Chaaly s’intéresse à un autre défi spatial. Ses travaux visent à améliorer la simulation des écoulements dans les moteurs de fusée fabriqués par impression 3D. Les irrégularités des surfaces imprimées peuvent perturber la circulation des fluides et affecter les performances. En affinant les modèles numériques, cette recherche pourrait aider les industriels à optimiser la conception des systèmes de propulsion avant leur fabrication, et donc à réduire les essais coûteux et les risques d’échec.

Des applications au-delà du numérique

Le programme s’étend également aux matériaux, à l’agriculture et à la finance, ce qui montre que la recherche du DVRC ne se limite pas au logiciel. Avec le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), des recherches portent sur des structures imprimées en 3D, plus légères et résistantes à la propagation des fissures. Leurs applications potentielles concernent notamment l’aéronautique et les transports, deux secteurs où chaque gramme gagné et chaque gain de fiabilité comptent. En partenariat avec le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), Ghaith Chamaa cherche à reconstituer des arbres fruitiers en trois dimensions pour détecter certains signes de stress et améliorer le suivi des vergers. Lorenzo Boscolo Baiocolo travaille, avec Agora pour l’Habitant, sur la valorisation financière de dispositifs d’accession à la propriété après une période de location. Pris ensemble, ces sujets dessinent une recherche appliquée, tournée vers des problèmes que les entreprises et les collectivités rencontrent déjà.

Ce qu’il faut retenir de cette promotion 2026-2027

Cette promotion de neuf thèses ne va pas transformer l’industrie française du jour au lendemain, et il serait exagéré de présenter chaque projet comme une percée imminente. Sa valeur réside ailleurs : elle montre comment des écoles, des laboratoires et des entreprises peuvent travailler ensemble sur des questions précises, avec des partenaires identifiés et des usages en ligne de mire. Pour les entreprises, elle illustre une méthode : tester des technologies expérimentales tôt, dans un cadre scientifique, plutôt que d’attendre qu’elles soient stabilisées par d’autres. Les résultats prendront des années, mais leurs questions sont déjà actuelles.

Frequently Asked Questions

Qu’est-ce que le De Vinci Research Center ?

Le De Vinci Research Center (DVRC) est le laboratoire commun à l’école d’ingénieurs ESILV et à l’école de management EMLV. Pour la rentrée 2026-2027, il accueille neuf doctorants sur des sujets à forte portée industrielle, en partenariat avec des entreprises et des institutions comme Thales, Woosmap, le CNES et l’AID.

Qu’est-ce qu’une thèse CIFRE ?

Une convention industrielle de formation par la recherche (CIFRE) associe un doctorant, une entreprise et un laboratoire. Le doctorant mène sa recherche en lien avec un besoin concret de l’entreprise partenaire, ce qui combine formation scientifique et expérience professionnelle.

Pourquoi ces neuf thèses intéressent-elles les entreprises ?

Parce qu’elles ciblent des problèmes concrets : expliquer les décisions d’une IA, prioriser les correctifs de cybersécurité, traiter des données en orbite ou optimiser des pièces imprimées en 3D. Les résultats visent des usages professionnels, même si leur transfert prendra du temps.

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