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Pelagon sort de l’ombre : l’IA physique française qui veut protéger les ports, les câbles et les parcs offshore

Pelagon sort de l'ombre : l'IA physique française qui veut protéger les ports, les câbles et les parcs offshore

Pelagon sort de l’ombre : l’IA physique française qui veut protéger les ports, les câbles et les parcs offshore

Pelagon sort de l’ombre alors que la mer devient un terrain de tension. Le 2 novembre 2026, cette entreprise européenne a annoncé son premier tour de table et ses premiers déploiements commerciaux, avec un objectif clair : protéger les infrastructures maritimes critiques contre les drones maritimes. Ports, bases navales, câbles sous-marins et sites énergétiques offshore sont au coeur de son projet. Derrière l’annonce, une idée simple mais difficile à mettre en oeuvre : voir sous l’eau, comprendre ce que l’on entend, puis réagir à temps.

Ce que Pelagon annonce

L’annonce publiée par Bpifrance le 2 novembre 2026 marque la sortie de la discrétion pour une entreprise créée début 2026. Pelagon conçoit, déploie et exploite des zones de protection autour d’infrastructures maritimes critiques, sous la forme d’un service géré. Elle ne vend pas seulement un capteur ou un logiciel : elle propose un ensemble complet, installé et maintenu avec des partenaires maritimes spécialisés, pour des marines européennes et alliées comme pour des opérateurs civils.

Le tour de table réunit Bpifrance, via son fonds Digital Venture, ainsi qu’Elaia, Seedcamp et Hexa. Des entrepreneurs de la défense, des familles de l’industrie de défense européenne et des chercheurs en intelligence artificielle issus de grands laboratoires, dont FAIR et OpenAI, y participent aussi, selon le communiqué. Le montant n’est pas communiqué dans le texte publié par Bpifrance. Pelagon sera présente à Euronaval, du 3 au 6 novembre 2026, au parc des expositions de Paris Nord Villepinte, hall 6, stand I135.

Pourquoi la mer est un casse-tête pour la technologie

Protéger un port ou un câble sous-marin ne ressemble pas à la surveillance d’un bâtiment. Sous l’eau, les ondes radio, y compris le GPS, ne pénètrent quasiment pas. Les ondes acoustiques restent l’un des rares moyens de détecter et de communiquer sous la surface. Le sel use le matériel, les conditions changent vite, et un modèle entraîné dans un port peut échouer dans le port voisin, parce que le son s’y réfléchit et s’y atténue différemment.

En zone côtière, le son se réfléchit sur la surface et sur le fond. Dans les ports, le bruit sous-marin est intense et le trafic dense, ce qui rend les menaces difficiles à isoler. Les sonars conçus pour la haute mer ne suffisent donc pas, selon Pelagon, pour des sites côtiers où chaque écho peut venir d’un bateau, d’une structure ou d’un objet suspect. L’entreprise parle d’une nouvelle génération de technologies, pensée pour le littoral et les infrastructures fixes.

Le contexte de sécurité renforce cette urgence. Le communiqué rappelle qu’en décembre 2025, des drones sous-marins du SBU, le service de sécurité ukrainien, ont frappé un sous-marin russe à quai dans la base navale de Novorossiisk. Pendant des décennies, la lutte anti-sous-marine restait l’affaire d’une poignée de marines. Désormais, les drones maritimes, de surface comme sous-marins, sont à la portée de nombreux acteurs. Les infrastructures deviennent alors exposées au sabotage et aux ingérences, le long des tracés de câbles et autour des installations.

Interdiction Dome, un système en quatre briques

Pelagon appelle sa solution Interdiction Dome. Le mot interdiction désigne ici la combinaison de la détection et de la réponse : repérer, identifier, puis agir dans le laps de temps disponible. L’entreprise insiste sur un point concret : un drone sous-marin qui avance à la vitesse d’un piéton peut ne laisser que quelques minutes entre la première alerte et l’impact. Un système utile doit donc enchaîner les étapes sans lenteur inutile, tout en gardant une supervision humaine pour la décision d’interception.

Le système combine quatre éléments. PEARLS est un réseau de capteurs distribués, posé autour de la zone à protéger. ORCA est un modèle d’intelligence artificielle qui interprète les signaux acoustiques sous-marins et s’adapte à l’évolution des conditions. MARLIN est un intercepteur sous-marin, placé sous supervision humaine. Pelagon OS est le logiciel qui relie l’ensemble et permet aux opérateurs de suivre la situation. Pelagon conçoit et fabrique elle-même une partie du matériel, ce qui, selon l’entreprise, lui permet d’ajuster plus vite le capteur, le modèle et l’intercepteur ensemble.

Ce que les essais montrent déjà, et ce qu’il reste à prouver

Depuis le démarrage de ses activités début 2026, Pelagon dit avoir mis sa technologie à l’épreuve de la mer. En mai, un premier essai en conditions réelles d’ORCA en Suède a démontré la détection, la classification et la cartographie en temps réel de navires de surface sans équipage. Depuis août, l’entreprise est déployée commercialement en Méditerranée. D’autres déploiements sont prévus en Baltique et en mer Noire d’ici fin 2026, selon le communiqué.

Ces jalons méritent d’être lus avec prudence. Ils montrent que le système fonctionne dans des conditions réelles, mais ils ne disent pas tout : ni le nombre de sites, ni les taux de fausses alertes. L’annonce du 2 novembre ouvre donc une phase de preuve, plus qu’elle ne la clôt.

Ce que cela change pour l’Europe

Le communiqué de Bpifrance place Pelagon dans un débat plus large : la souveraineté stratégique européenne sous la mer. Quentin Mayolle, directeur d’investissement chez Bpifrance, y affirme que la sécurité et la souveraineté stratégique de l’Europe dépendront de plus en plus de sa capacité à surveiller et à protéger le domaine sous-marin. Carlos Espinal, de Seedcamp, rappelle que les câbles sous-marins acheminent 99 pour cent du trafic numérique, selon les chiffres cités dans le communiqué.

Pour les lecteurs français, l’intérêt de cette histoire dépasse la défense : les câbles, les ports et les parcs offshore touchent les communications, l’électricité et le commerce. La suite se jouera sur le terrain, avec les déploiements annoncés en Baltique et en mer Noire d’ici fin 2026, et la preuve, site après site, que la détection et la réponse fonctionnent ensemble sans fausse alerte paralysante.

Frequently Asked Questions

Qu’est-ce que Pelagon ?

Pelagon est une entreprise européenne créée début 2026 qui conçoit, déploie et exploite des zones de protection autour d’infrastructures maritimes critiques, comme les ports, les câbles sous-marins et les sites énergétiques offshore, grâce à un système qui combine capteurs, intelligence artificielle acoustique et intercepteur sous-marin.

Que contient le système Interdiction Dome ?

Interdiction Dome combine PEARLS, un réseau de capteurs distribués, ORCA, un modèle d’intelligence artificielle qui interprète les signaux acoustiques sous-marins, MARLIN, un intercepteur sous-marin placé sous supervision humaine, et Pelagon OS, le logiciel qui relie l’ensemble.

Où Pelagon est-elle déjà déployée ?

Selon le communiqué du 2 novembre 2026, un essai en conditions réelles d’ORCA a eu lieu en Suède en mai, Pelagon est déployée commercialement en Méditerranée depuis août, et d’autres déploiements sont prévus en Baltique et en mer Noire d’ici fin 2026.

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