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Auriga lève 80 millions d’euros pour son deuxième fonds dédié à la cybersécurité européenne

Auriga lève 80 millions d'euros pour son deuxième fonds dédié à la cybersécurité européenne

Auriga lève 80 millions d’euros pour son deuxième fonds dédié à la cybersécurité européenne

La société d’investissement parisienne Auriga Partners a annoncé le 29 octobre 2026 un premier closing de 80 millions d’euros pour son deuxième fonds entièrement dédié à la cybersécurité, Auriga Cyber Ventures II. L’objectif final est fixé à 100 millions d’euros, avec un plafond de 120 millions. Le fonds compte soutenir une trentaine de jeunes entreprises européennes en phase d’amorçage, dans des domaines comme la sécurité de l’intelligence artificielle, la protection de l’identité et la sécurité des données. Bpifrance, par le biais du Fonds national d’amorçage, fait partie des soutiens de ce nouveau véhicule.

L’annonce arrive à un moment où la cybersécurité européenne attire de nouveau les capitaux. Les attaques se multiplient, les entreprises doivent se conformer à des règles plus strictes, et les outils fondés sur l’intelligence artificielle changent la façon dont les défenseurs comme les attaquants travaillent. Pour une société d’investissement spécialisée, ce contexte crée à la fois une demande forte et une concurrence vive pour repérer les meilleures équipes très tôt.

Un deuxième fonds, après un premier véhicule lancé en 2022

Auriga Cyber Ventures II prend la suite d’un premier fonds cybersécurité de 55 millions d’euros lancé en 2022. Selon Auriga, ce premier fonds a permis de soutenir 30 jeunes pousses européennes de la cybersécurité au cours des cinq dernières années, ce que la société présente comme le plus grand portefeuille dédié du genre en Europe. Le nouveau fonds prolonge cette stratégie, avec la même conviction : les champions européens de la sécurité se construisent dès les premières années, avant que les grands groupes américains ne dominent le marché.

La taille visée en dit long sur l’ambition. Passer de 55 à 100 millions d’euros, c’est presque doubler la capacité d’investissement. Cela permet aussi d’accompagner les entreprises plus longtemps, en participant à des tours de financement ultérieurs, au lieu de se limiter au premier chèque. Pour les fondateurs, un investisseur spécialisé apporte autre chose que de l’argent : un réseau de clients potentiels, d’experts techniques et de partenaires industriels.

Ce que le fonds veut financer

Le fonds cible les jeunes pousses européennes en phase d’amorçage, avec trois terrains prioritaires. Le premier est la sécurité de l’intelligence artificielle, un domaine devenu central à mesure que les entreprises déploient des agents et des modèles dans leurs systèmes. Le deuxième est la protection de l’identité, qui couvre la gestion des accès, l’authentification et la lutte contre l’usurpation d’identité. Le troisième est la sécurité des données, qui protège les informations sensibles là où elles sont stockées et échangées.

Ces choix ne sont pas un hasard. Le premier fonds d’Auriga affichait déjà 40 % d’exposition aux technologies liées à l’intelligence artificielle et 32 % aux applications de défense, selon les chiffres communiqués. Le nouveau fonds s’inscrit dans cette continuité, avec une attention particulière aux équipes qui combinent une expertise technique profonde et une compréhension concrète des besoins des clients, comme les tests d’intrusion, la détection d’incidents ou la sécurisation des infrastructures cloud.

Auriga indique aussi vouloir réaliser deux à trois investissements supplémentaires d’ici la fin de l’année 2026. Le rythme annoncé montre que le déploiement du capital a déjà commencé et que la société ne compte pas attendre la clôture finale pour se positionner sur les dossiers les plus prometteurs.

Pourquoi Bpifrance soutient ce type de fonds

La présence de Bpifrance, par le Fonds national d’amorçage, donne un signal fort. L’investisseur public français soutient depuis longtemps les fonds d’amorçage dans les secteurs jugés stratégiques, et la cybersécurité en fait clairement partie. Un fonds spécialisé peut prendre des risques que des investisseurs généralistes évitent, parce qu’il sait évaluer une technologie complexe et accompagner des équipes très techniques.

Ce soutien public joue aussi un rôle d’entraînement. Quand un acteur comme Bpifrance s’engage, d’autres investisseurs institutionnels regardent le dossier de plus près. Pour les jeunes pousses, cela peut faciliter les levées suivantes, puisque le premier tour est déjà validé par des investisseurs reconnus dans le secteur.

Le contexte européen renforce cette logique. Les gouvernements et les grandes entreprises cherchent à réduire leur dépendance aux fournisseurs étrangers pour des fonctions critiques, et la souveraineté numérique est devenue un thème récurrent dans les appels d’offres et les stratégies industrielles. Des fonds dédiés, ancrés en Europe, répondent directement à cette attente.

Un portefeuille construit sur le temps long

Auriga Partners a été fondée en 1998 par Jacques Chatain, Bernard Daugeras et Patrick Bamas. Son réseau compte des fondateurs et des dirigeants d’entreprises de cybersécurité comme Wallix, Vade, Sentryo et Oodrive, selon la présentation du fonds. Cette histoire donne au nouveau véhicule un atout : il peut s’appuyer sur des entrepreneurs qui ont déjà construit et vendu des sociétés de sécurité en Europe.

Le modèle d’un fonds spécialisé repose sur la patience. Les jeunes pousses de cybersécurité mettent souvent plusieurs années à trouver leurs premiers grands clients, à obtenir des certifications et à prouver que leurs produits résistent à des attaques réelles. Un investisseur qui connaît ces cycles peut aider une équipe à traverser les phases creuses, à recruter des profils rares et à ouvrir des portes chez des clients exigeants.

Pour l’écosystème français et européen, l’enjeu dépasse Auriga. Chaque fonds dédié qui atteint sa taille cible ajoute des capitaux disponibles pour les équipes en amorçage, au moment où elles en ont le plus besoin. Si Auriga Cyber Ventures II atteint son objectif de 100 millions d’euros et finance une trentaine d’entreprises, il contribuera à structurer une nouvelle génération d’acteurs européens de la sécurité, dans un domaine où la confiance et la proximité avec les clients comptent autant que la technologie.

Frequently Asked Questions

Qu’est-ce qu’Auriga Cyber Ventures II ?

C’est le deuxième fonds d’Auriga Partners entièrement dédié à la cybersécurité. Il a annoncé un premier closing de 80 millions d’euros le 29 octobre 2026, avec un objectif final de 100 millions et un plafond de 120 millions.

Quelles entreprises le fonds veut-il financer ?

Le fonds vise une trentaine de jeunes pousses européennes en phase d’amorçage, en particulier dans la sécurité de l’intelligence artificielle, la protection de l’identité et la sécurité des données.

Pourquoi Bpifrance soutient-elle ce fonds ?

Bpifrance, par le Fonds national d’amorçage, soutient les fonds d’amorçage dans les secteurs stratégiques. La cybersécurité en fait partie, et un investisseur spécialisé peut évaluer des technologies complexes et accompagner des équipes très techniques.

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