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Rivercell lève 22 millions d’euros : la start-up parisienne qui veut prédire le comportement des cellules grâce à l’IA

Rivercell lève 22 millions d'euros : la start-up parisienne qui veut prédire le comportement des cellules grâce à l'IA

Rivercell lève 22 millions d’euros : la start-up parisienne qui veut prédire le comportement des cellules grâce à l’IA

Une nouvelle venue fait parler d'elle dans la tech parisienne. Rivercell, jeune pousse française à la croisée de la biotechnologie et de l'intelligence artificielle, vient de sortir de l'ombre avec une annonce remarquée : une levée de fonds de 22 millions d'euros, soit environ 25 millions de dollars, pour construire une « cellule virtuelle ».

Une levée de 22 millions pour sortir de l'ombre

Le tour de table, annoncé dans le courant du mois d'octobre 2026, a été mené par HV Capital. À ses côtés figurent HCVC, Alven et Bpifrance Digital Venture, le bras armé de la banque publique d'investissement dédié aux entreprises technologiques. Selon la presse spécialisée européenne, il s'agit d'un tour « seed », un premier financement conséquent destiné à faire décoller l'activité.

Sortir du « stealth mode », le terme consacré à Paris comme dans la Silicon Valley, n'est jamais anodin. Cela signifie que l'entreprise estime avoir suffisamment avancé en secret pour se présenter au monde. La somme réunie servira concrètement à trois choses : agrandir la plateforme de génération de données qui produit les observations servant à entraîner les modèles, étendre le laboratoire automatisé parisien, un « wet lab » où les manipulations sont effectuées par des robots, et lancer officiellement le programme de cellule virtuelle IA.

La « cellule virtuelle », en clair

Le concept mérite une explication, car il ne s'agit pas d'une simple métaphore. La cellule virtuelle de Rivercell est un modèle d'IA entraîné à simuler la réaction des cellules vivantes à différentes interventions : un traitement médicamenteux, une modification génétique, ou une combinaison des deux. L'idée est de pouvoir tester des milliers de scénarios en quelques heures sur ordinateur, là où le même travail prendrait des mois dans un laboratoire classique.

Le principe ressemble à ce que la simulation numérique a fait pour l'aéronautique : on ne construit plus d'abord, on calcule d'abord. La plateforme de Rivercell mesure les cellules une par une après chaque intervention expérimentale, combine plusieurs types de mesures biologiques et suit l'évolution des cellules dans le temps, au lieu de se contenter de simples instantanés. Cette dimension temporelle compte : une cellule ne réagit pas de façon identique à la minute où elle reçoit un traitement et plusieurs heures après.

Selon la société, les instruments de laboratoire actuels n'ont tout simplement pas été conçus pour produire des données d'entraînement à cette échelle. Rivercell développe donc ses propres équipements, qu'elle décrit comme le « GPU du futur centre de données biologique ». De même que les GPU ont été détournés de leur usage initial pour entraîner les modèles d'IA, les instruments de Rivercell sont pensés dès le départ pour alimenter l'intelligence artificielle.

Le vrai défi, ce sont les données

Le cofondateur et directeur général Yann Fleureau résume la conviction de l'entreprise en une phrase : l'ingrédient manquant de la découverte de médicaments, ce ne sont ni les algorithmes ni les puissances de calcul, mais les données. Comment les cellules évoluent dans le temps, comment elles réagissent sous traitement, observées sous plusieurs angles, captées à grande échelle.

Cette lecture est partagée par une partie croissante du secteur. Les modèles d'IA les plus impressionnants ont été nourris de textes et d'images accessibles librement. En biologie, rien de tel : les données cellulaires de haute qualité sont rares et coûteuses à produire. Rivercell fait le pari inverse de la plupart des start-up du secteur : construire d'abord la machine qui produit les données.

Des fondateurs et des investisseurs bien connus

Rivercell a été fondée à l'été 2025 par Yann Fleureau, un visage familier de la tech santé française. Il avait précédemment cofondé Cardiologs, une société d'IA dédiée au diagnostic cardiaque, rachetée par Philips en 2021. Une expérience qui donne du crédit au projet : il connaît déjà le chemin entre un modèle d'IA prometteur et un usage médical réel.

À ses côtés, Eric Durand a rejoint l'aventure en 2026 comme cofondateur et directeur scientifique, après des passages par Novartis, Owkin et Bioptimus. La présence de Bpifrance Digital Venture mérite aussi d'être soulignée : la banque publique mise régulièrement sur des technologies jugées stratégiques pour la souveraineté nationale, et le dirigeant présente la construction de ce moteur de données en Europe comme stratégique pour la place du continent dans l'IA et la biologie.

Un écosystème français qui accélère

La levée de Rivercell n'arrive pas dans le vide. La France s'est imposée comme le premier écosystème européen de l'intelligence artificielle, avec plus de 1 100 start-up recensées et plus de 16 milliards d'euros levés depuis leur création, selon les chiffres mis en avant à l'occasion de la promotion 2026 du classement French Tech Next40.

Et la biotech dopée à l'IA connaît une année dynamique. Pour la seule année 2026, la presse spécialisée européenne a recensé des opérations comparables : la suisse Adaptyv Bio avec 34,35 millions d'euros, la parisienne Generare avec 20 millions, WhiteLab Genomics avec 23,2 millions, ou la londonienne Helical avec 8,4 millions. Rivercell s'inscrit dans cette vague, avec une particularité : l'accent mis sur la production de données plutôt que sur les seuls modèles.

Ce que cela peut changer

Si une cellule virtuelle fiable permettait de filtrer plus tôt les mauvaises pistes, les économies seraient massives et les bons traitements arriveraient plus vite aux patients. C'est le pari de Rivercell. Reste que le chemin est long : prédire le comportement d'une cellule isolée est une chose, prédire l'effet d'un médicament sur un organisme entier en est une autre. Cette levée confirme une tendance lourde : la rencontre entre l'IA et la biologie est devenue l'un des terrains d'investissement les plus actifs de la tech européenne, et Paris entend bien y jouer les premiers rôles.

Frequently Asked Questions

Qu'est-ce que la « cellule virtuelle » de Rivercell ?

C'est un modèle d'intelligence artificielle entraîné à prédire la réaction des cellules humaines aux traitements et aux modifications génétiques. Il est nourri par des données biologiques produites à grande échelle par la propre plateforme de l'entreprise, qui mesure les cellules individuellement et suit leur évolution dans le temps.

Qui a investi les 22 millions d'euros levés par Rivercell ?

Le tour de table a été mené par HV Capital, avec la participation de HCVC, d'Alven et de Bpifrance Digital Venture. Annoncé en octobre 2026, ce financement « seed » servira à étendre le laboratoire parisien et à lancer le programme de cellule virtuelle par IA.

À quoi servira concrètement la cellule virtuelle ?

À simuler des milliers de scénarios biologiques sur ordinateur avant de les tester en laboratoire, ce qui pourrait accélérer la découverte de médicaments en oncologie, en immunologie, dans les maladies rares et les pathologies cardiométaboliques. L'objectif est de réduire le nombre d'expériences physiques nécessaires et d'écarter plus tôt les pistes qui ne fonctionneront pas.

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